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Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

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Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Morris » 26 Jan 2015, 20:34

D’abord, un grand merci à l’équipe du Forum du berger allemand d’avoir accepté d’ouvrir cette nouvelle rubrique !

Je lance donc un topic sur le chien d’assistance aux personnes autistes.

Par ce sujet, je compte vous partager mon expérience, répondre aux questions, échanger des idées, bref en faire un lieu où nous pourrons tous en apprendre beaucoup sur cet univers fascinant.

Donc, je lance ce sujet avec cet «ordre du jour» ou thèmes que j’alimenterai au fil des jours (car il y a énormément de matière!):

- Une explication de ce qu’est l’autisme;
- L’état des connaissances actuel sur les chiens d’assistance pour personnes autistes;
- Le choix de la race et les avantages et désavantages du berger allemand;
- Les tâches attendues du chien d’assistance pour personnes autistes;
- L’éducation en vue d’obtenir un bon chien d’assistance;
- Le dressage;
- Etc.

Aussi, puisque les lois et règlements diffèrent d’un pays à l’autre (je suis du Québec et déjà, les lois diffèrent avec le reste du Canada, c’est tout dire!), il est essentiel de préciser d’entrée de jeu que ce sujet ne s’en tiendra qu’aux généralités et que le lecteur devra toujours se renseigner auprès des autorités compétentes afin d’obtenir des avis justes à ce sujet.

De plus, je tiens à préciser que je ne prétends pas être un expert canin et avoir autorité en la matière.

Néanmoins, outre le fait que j’ai fait plusieurs recherches sur le sujet et discuté avec plusieurs professionnels et est en contact avec une professionnelle en dressage canin, je possède certaines «bases» en matière d’éducation canine. J’ai été technicien en santé animale en clinique vétérinaire, inspecteur et responsable de la sensibilisation à la SPCA (Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux) et j’ai participé à des compétitions d’obéissance canine (avec l'un de mes BA, cela va de soit! ;) )

Aussi, en toute humilité, je suis surtout expert en autisme. Je suis professeur de psychiatrie et santé mentale dans le programme de Soins infirmier au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, collaborateur d’un ouvrage clinique (plus spécifiquement auteur du «Guide de stage» de Fortinash, Katherine M. et Patricia A. Holoday Worret (2013). Soins infirmiers : Santé mentale et psychiatrie, Montréal, Chenelière éducation, 1950 p.)

J’ai été président de la Société de l’autisme de l’Abitibi-Témiscamingue, toujours membre du Réseau national d’expertise en trouble du spectre de l’autisme et, le plus important, papa d’un garçon autiste.

D’ailleurs, c’est pourquoi j’ai été invité à participer à un projet pilote il y a plusieurs années sur l’implantation des chiens d’assistance pour personnes autistes au Québec (je vous en reparlerai plus tard).

Alors voilà, étant donné que je me lance dans l'aventure de "former" une belle berger allemand dans ce rôle (elle n'est pas encore née, je l'attend au printemps!) je vais tenter regrouper mes deux centres d’intérêt afin de réfléchir, vous faire part de mes expériences et échanger, avec vous, sur ce sujet fascinant! :D
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Azalée » 27 Jan 2015, 07:50

Merci Morris de prendre le temps de partager avec nous ta belle aventure :)
Bonne journée !
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Domi27 » 27 Jan 2015, 07:53

Menu alléchant et merci à toi de ces futurs partages.
Une sélection n'étant basée que sur le côté physique d'un standard n'aboutirait qu'à terme à la mort d'une race.
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Sab77 » 27 Jan 2015, 08:44

J'ai hate de te lire :D
Sabrina.
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Vaudaben » 27 Jan 2015, 12:26

J'ai hâte de te lire.
Je suis orthophoniste (logopède/speach therapist chez vous) ; j'ai fait mon mémoire sur le syndrome d'Angelman et je suivais mes patientes dans des centres pour autistes car c'est là qu'on les envoyait.
Je me pose depuis longtemps la question d'un chien "d'assistance" car je pense que c'est une voie de remédiation intéressante.
Je lirai donc avec plaisir ce que tu voudras bien partager.
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar michaelv » 27 Jan 2015, 15:12

Quel beau projet ! Au plaisir de lire dés que possible !
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Jimmy » 27 Jan 2015, 16:22

Hâte de te lire également ;)
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Morris » 27 Jan 2015, 19:06

D’abord, merci pour vos bons mots! De voir que ce sujet intéresse plusieurs personnes me motive d’avantage !

Aussi, si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez surtout pas!

Donc, aujourd’hui je poursuis en m’en tenant à mon «plan de match». Je tenterai donc de vous expliquer ce qu’est l’autisme.

En effet, il est essentiel de bien comprendre à quelle clientèle est destinée le chien, quelles sont les caractéristiques et les besoins de ces personnes afin, d’une part, de bien cibler la race, le tempérament et les aptitudes recherchées chez le chien ainsi que d’établir les tâches qu’il devra accomplir afin de discuter du comment lui «enseigner» ces tâches.

Aussi, comme je l’aborderai dans un prochain post, le fait de bien connaître l’autisme permettra de mieux comprendre quels sont les bienfaits qu’un chien d’assistance peut apporter ainsi que ses limites.

Évidemment, question de ne pas alourdir ce topic, je tenterai de m’en tenir à ce qui est utile à savoir concernant l’autisme afin de pouvoir l’appliquer au chien d’assistance.

Premièrement, question de s’entendre sur le vocabulaire, quelques petites définitions s’imposent. Donc, eh oui! un peu de «théorie».

Les critères diagnostiques sont définis dans la «bible» nord-américaine des maladies mentales, le DSM, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (En Europe notamment, le CIM-10 est la référence mais outres quelques différences de nomenclatures, il s’agit essentiellement de la même chose).

Jusqu’en 2013, dans le DSM IV-TR, «l’autisme» appartenait aux Troubles envahissants du développement (TED) et se déclinaient en 5 catégories : Le syndrome de Rett, les troubles désintégratifs de l’enfance, les troubles autistiques, le syndrome d’Asperger et le trouble envahissant du développement non-spécifié (TED-NS).

Déjà, pas facile de s’y retrouver avec autant de sous-catégories!

C’est pourquoi le commun des mortels utilise le terme générique «d’autisme» afin de qualifier ces personnes.

En 2013, afin de simplifier cette nomenclature complexe et aussi pour refléter les avancées en matière de connaissances de ce trouble, l’American psychological association, dans sa nouvelle édition, le DSM-5, a procédé à une refonte complète de la classification des troubles autistiques.

Désormais, nous parlons simplement de Troubles du spectre autistique, soit léger, modéré ou sévère.

Donc, à partir de maintenant, j’utiliserai simplement et indifféremment le terme « autisme » ou «TSA».

En gros, qu’est-ce que c’est ?

L’autisme, tel que défini par le DSM-5, est caractérisé par deux catégories de comportements atypiques. La première catégorie concerne la communication sociale et les interactions sociales, alors que la seconde touche les aspects restreints et répétitifs des comportements, intérêts et activités.
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Morris » 27 Jan 2015, 19:07

1. DÉFICIT DE LA COMMUNICATION SOCIALE ET DES INTERACTIONS

Les autistes manifestent moins de réciprocité sociale que les personnes «normales». Mais ceci ne fait pas d’eux pour autant des personnes «asociales»!

Par exemple, ils peuvent ne pas initier de contact avec autrui, demeurer «dans leur bulle» mais répondre volontiers aux gens qui s’adressent à eux.

Certains peuvent même rechercher les contacts avec autrui mais s’y prennent de manière maladroite (c’est le cas de mon fiston). Par exemple, mon fils va s’approcher de la personne et d’abord la sentir (un peu comme un chien!) La personne pourrait aussi fixer intensément les gens ou s’approcher de trop près, «entrer dans la bulle» de l’autre, etc.

Généralement, une personne autiste ne voit pas d’intérêt à partager ses émotions et ses intérêts et dans le deuxième cas, lorsqu’il le fait, c’est plutôt à sens unique… Elle peut disserter durant des heures sur son centre d’intérêt, sans comprendre et remarquer que cela devient rapidement ennuyant pour son «interlocuteur». Surtout du fait que ces intérêts sont limités et de nature «obsessive»…

C’est pourquoi, à tort, ils sont souvent décris comme des « savants un peu fou »… Par exemple, si le centre d’intérêt d’une personne autiste est les maquettes en cure-dents (pensez au Dîner de cons! :lol: ), eh bien il pourra vous entretenir durant des heures sur le sujet…

Le trouble des interactions et de la communication sociales se manifeste aussi par des difficultés avec la communication non verbale.

En effet, ce sont des «daltoniens» du non-verbal. Ils sont incapable de décoder les expressions faciales, les «gesticulations», le paralangage (changements de débits, d’intonations, etc.)

De plus, ils ont une pensée dite «concrète», ce qui leur fait tout prendre au pied de la lettre et échapper le sens de l’ironie ou de l’humour. Ils se méprennent donc souvent sur les intentions d’autrui, ce qui fait d’elles des personnes particulièrement vulnérables aux mensonges et manipulations.

D’ailleurs, ils ont un sens de l’humour «particulier» ce qui les rends souvent bizarres et ils sont complétement incapables de mentir, le mensonge étant un concept leur échappant totalement… Aussi, ils n’ont aucun filtre, ils n’ont pas d’inhibition et disent directement ce qu’ils pensent, car ils n’ont aucune conscience de l’impact de leurs paroles sur autrui.

Dans le cas d’un TSA sévère, la personne ne développera pas ou peu le langage.

Finalement, les enfants autistes, compte tenu de tout ce qui précède, ont d’énormes difficultés à jouer avec d’autres enfant et à se faire des amis.

Ils ressentent l’exclusion, sont conscients de leur «différence» mais ayant d’énormes difficultés, d’une part, à exprimer leurs émotions et d’autre part, à comprendre «le mode d’emploi pour entrer en relation», ils vivent énormément d’anxiété, ce qui entraîne d’autres comportements dont le développement de comportements répétitifs et des intérêts et activités restreintes et répétitives, l’autre volet de l’autisme.
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Re: Le BA comme chien d'assistance pour personnes autistes

Messagepar Morris » 27 Jan 2015, 19:08

2. CARACTÈRE RESTREINT ET RÉPÉTITIF DES COMPORTEMENTS, INTÉRÊTS ET ACTIVITÉS

On observe souvent la présence de mouvements stéréotypés et répétitifs, qu’il s’agisse d’agitation ou de torsion des doigts ou des mains (flapping), de balancements du corps (rocking), sautillements sur place, etc.

L’utilisation des objets peut aussi être stéréotypée et répétitive. Par exemple, aligner les objets, faire tourner les roues des petites voitures (au lieu de faire rouler les petites voitures), ouvrir ou fermer les portes à répétition. (Chez-nous, fiston ouvre et ferme les portes, les tiroirs de bureau, fait résonner les objets de métal en tambourinant dessus. À la longue, disons que ç’a fini par tomber sur nos nerfs! :x )

Ces comportements sont des mécanismes d’autorégulation afin de diminuer l’anxiété. Ainsi, plus l’anxiété est importante, plus ces comportements se manifestent et s’intensifient.

Si ces comportements ne parviennent pas à soulager l’anxiété, celle-ci peut escalader au point du «meltdown», c’est-à-dire une crise où la personne se mettra à pleurer, crier, et même frapper et s’automutiler, notamment en se frappant la tête avec les mains ou sur les murs et le plancher…

Ces crises sont intenses et impressionnantes. De plus en plus de recherches tendent à démontrer que ces «meltdowns» sont en fait des crises épileptiformes (observables à l’électroencéphalogramme).

Ainsi, ce qui est de plus en plus prôné est d’intervenir comme pour le cas d’une crise d’épilepsie : retrait dans le calme, s’assurer que la personne ne se blesse pas et attendre que la crise passe d’elle-même, ce qui peut durer entre 10 et 30 minutes en moyenne.

D’où l’importance de reconnaître rapidement les «signaux d’alarme» afin de «casser la spirale» le plus tôt possible, en recentrant la personne grâce à des moyens efficaces et adéquats (par exemple, en chantant, en écoutant de la musique, en caressant un animal…)

Une caractéristique fréquente de l’autisme est la rigidité comportementale: besoin que les choses soient immuables, adhésion inflexible à des routines ou à des séquences de comportements, détresse lors des changements d’horaire ou de routine, etc.

Encore une fois, cette rigidité comportementale répond à leur besoin de sécurité. L’imprévue génère de l’anxiété et, comme nous l’avons vu précédemment, l’anxiété peut conduire à son paroxysme au «meltdown».

Par exemples, mon fiston est réglé comme une « horloge suisse ». À la même heure à chaque soir, il entreprend sa routine du dodo toujours dans la même séquence : ramasser sa chambre, faire son lit, se déshabiller, aller à la toilette, prendre son bain, se sécher, mettre son pyjama, prendre ses médicaments, se brosser les dents, peigner ses cheveux, embrasser maman et papa, éteindre la lumière, aller au lit. (Dans ce cas, nous le voyons comme un avantage, nous n’avons jamais d’arguments pour l’heure du dodo! :D )

Les intérêts sont aussi souvent restreints et atypiques, soit par leur focus ou leur intensité.

Il peut s’agir par exemple d’un intérêt intense pour les lumières, les ventilateurs ou autres objets tournants, les calculatrices ou les tuyaux de plomberie. Cela peut aussi se manifester par un attachement excessif pour un objet, comme un tournevis jouet, un bouton ou un sac particulier dont la personne refuse de se séparer.

Il s’agit parfois aussi d’un intérêt habituel en fonction de l’âge de la personne, mais d’une intensité trop importante. Par exemple, certains jeunes peuvent passer plusieurs heures par jour à récolter des informations sur les dinosaures, à chercher des insectes ou à lire sur la vie des vedettes de l’heure, et qu’il s’avère extrêmement difficile de les intéresser à autre chose.

La présence d’atypies sensorielles est fréquente dans l’autisme. Il peut s’agir d’une hyper réactivité à certains sons, textures, odeurs ou stimuli visuels, comme la sonnerie du micro-onde, des pleurs d’enfants, une texture de vêtements, une couleur en particulier, etc.

On observe parfois plutôt une hyporéactivité, à la douleur, à la température ou à des bruits forts par exemple. Les particularités sensorielles peuvent se manifester par l’évitement, mais aussi par la recherche de certains stimuli.

D’ailleurs, le fait de porter une charge de poids a pour effet de diminuer l’anxiété des personnes autistes, d’où l’utilisation de vestes ou couvertures lourdes (voyez le film Temple Grandin, lorsqu’elle invente sa « machine à calins ».)

Finalement, plusieurs personnes autistes n’ont pas conscience du danger. Si un stimulus les attirent (ou au contraire les indisposent) ils peuvent se précipiter, par exemple en se jetant dans la rue ou dans une rivière… Hélas, les histoires de noyades et d’enfants frappés par des voitures sont fréquentes…

Aussi, ils sont prédisposés à fuguer.
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